Romans pour ados

Dévisagée – Erin Stewart

Ava a tout perdu dans l’incendie qui a détruit sa maison : ses parents, sa cousine et meilleure amie et son visage. Brûlée à 60%, elle a passé deux mois dans le coma et d’autres en rééducation dans le service des grands brûlés.
Elle vit désormais chez son oncle et sa tante, dans la chambre d’une morte, s’habillant avec les affaires d’une morte. Plus que tout, Ava a s’est peut-être surtout perdue elle-même.

Sa tante insiste pour qu’elle retrouve une vie normale, elle accepte donc de retourner à l’école, dans un lycée où personne ne la connait. Mais bien sûr tout le monde la dévisage. Elle est habituée maintenant, tout le monde regarde toujours son visage, la dévisageant avec une fascination morbide, parlant derrière son dos. Avant, Ava était entourée d’un groupe d’amie, participait au club théâtre. Désormais, elle est toute seule et se contente de traverser les couloirs en regardant ses pieds.

 » Je suis une bête curieuse qu’on observe, pas une personne à qui l’on parle.
Voilà pourquoi je n’ai pas besoin de miroir ; je rencontre mon reflet dans les yeux de tous ceux qui m’entourent.
Mon visage me revient sans cesse en pleine face. « 

La rencontre de Piper et Asad brisera sa solitude. Piper a elle aussi été brûlée mais à la différence d’Ava, elle ne se cache pas. Elle semble toujours sûre d’elle, parlant fort et renversant tout sur son passage. Peut-être qu’avec eux Ava pourrait retrouver une « nouvelle normalité », expression si chère à sa thérapeute.

 » Comment appelle-t-on quelqu’un qui n’a pas choisi de survivre ?
Quelqu’un qui, parfois, le regrette ? « 

J’ai beaucoup aimé Dévisagée. Je m’attendais à un roman plutôt lourd et ce n’est absolument pas le cas. Bien sûr, on y parle de cicatrices, de dépression, de vêtements compressifs et de deuil. Bien sûr j’ai pleuré. Mais j’ai aussi beaucoup pouffé, grâce au personnage de Piper surtout.

 » – Mon père disait que le passé est tout autour de nous. Il disait aussi que les étoiles sont de petites fenêtres sur le paradis, pour que nos proches puissent nous regarder vivre …
Piper manque de s’étrangler avec son pop-corn.
– C’était le roi lion, ton père ? « 


Ava n’est pas la battante modèle. Elle fait la tronche, elle en veut au monde entier, elle s’enterre, elle fait parfois du mal aux autres. Elle est humaine et sa convalescence n’en est que plus touchante.

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