Romans pour adultes

La salle de bal – Anna Hope

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L’asile d’aliénés de Sharston compte une internée de plus en ce début 1911. Ella a brisé une vitre de la filature où elle travaille depuis ses huit ans. Elle n’en pouvait plus, elle avait besoin d’air, de s’évader, elle n’a pas réfléchi.

Après avoir tenté de s’enfuir, elle fini par se résigner et choisi de se faire discrète. Se faire oublier, ça, elle sait faire. Etre sage.

Être sage, Ella savait ce que c’était. Elle le savait depuis toute petite. Être sage c’était survivre. C’était regarder sa mère se faire rouer de coups et ne rien dire pour ne pas y passer à son tour. Avoir la nausée parce qu’on était lâche de ne rien faire de plus. Prendre les coups une fois sa mère partie et ne jamais pleurer, ni montrer à quel point ils faisaient mal. Rentrer ses nattes sous ses vêtements, se fermer et travailler dur. Jour après jour après jour.
Mais être sage c’était seulement l’extérieur. L’intérieur était différent. C’était quelque chose qu’ils ne connaîtraient jamais.

Les sages se retrouvent chaque vendredi dans la salle de bal, commune aux patients hommes et femmes. Lors d’une soirée, les patients se mélangent, dansent, se courtisent. C’est là qu’Ella retrouvera John, « mélancolique irlandais » semaines après semaines.

A la tête de l’orchestre se trouve le docteur Fuller, convaincu que la musique adoucit les mœurs et les esprits et peut aider certains patients à guérir. Ce John, par exemple, corps massif si taiseux qui semblent s’éveiller et s’alléger dès les premières notes.

Mais il ne faudrait pas que les patients commencent à se croire plus hauts que d’autres, ça non. Il ne faudrait pas qu’ils pensent qu’ils méritent la même vie que ceux qui vivent au dehors, qu’ils méritent de se reproduire. Pour les canaliser, le docteur Fuller est d’ailleurs très intéressé par le projet de loi sur le Contrôle des faibles d’esprit.

Mon avis

Avec La salle de bal, son deuxième roman, Anna Hope confirme qu’elle fait désormais des plumes à suivre. Le travail de documentation réalisé en amont et la multiplicité des personnages et des points de vue offrent une vision méconnue de l’Angleterre d’avant-guerre et de très beaux portraits psychologiques de personnes abîmées par la vie.
Un très beau roman, plein d’émotions.

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