Romans pour adultes

Le syndrome de la vitre étoilée – Sophie Adriansen

lesyndromeStéphanie et Guillaume sont en couple depuis dix ans. A eux deux, ils ont traversé la période étudiante et l’entrée dans la vie adulte, l’installation dans la vie de couple et, aujourd’hui, ils rêvent d’un enfant qui tarde à venir.
Un couple sur cinq connaît des difficultés dans la conception d’un enfant et il semble qu’ils fassent partie de cette cruelle statistique.

Autour d’elle, les amies et vagues connaissances tombent enceinte. Mais le vendre de Stéphanie, lui, reste vide. Elle espère et attend, se lance des défis sur lesquels elle n’a malheureusement aucune influence : « J’aurais un bébé dans le ventre avant la fin de la boîte de tampons, je l’ai décidé. »

Après des mois d’essais infructueux, le couple se décide à consulter. Commencent alors les nombreux rendez-vous médicaux, les injections d’hormones, les relations sexuelles programmées, … Stéphanie n’est plus qu’un corps, un utérus scruté sous tous les angles, un récipient vide qui attend de se remplir. La passion s’éteint à petits feux, l’amour suivra-t-elle la même pente descendante ? Le couple résistera-t-il au désir d’enfant ?

« Guillaume me passe la main sur le front, puis me caresse les cheveux.
– Arrête.
Je ne veux plus qu’il me touche.
Introduction d’un spéculum, nettoyage, cathéter, injection. Je sens à peine les deux dernières étapes, celles que pourtant je redoutais. Je ravale mes larmes, Guillaume dépose un rapide baiser sur mes lèvres.
– Eh bien voilà, vous voyez qu’il n’y avait aucune raison de paniquer comme ça.
A quel âge le corps médical cessera-t-il de me parler comme à une enfant que l’on vouvoie ?
Pour maximiser les chances, je demeure quelques minutes dans l’avilissante position tandis que Guillaume règle l’acte, bien plus coûteux qu’une consultation classique.
Stresser n’est pas donné à tout le monde. « 

Mon avis

Au-delà du couple, il y a la femme. Pas facile de trouver sa place dans une société qui pense qu’une femme ne peut se réaliser qu’à travers sa maternité. Stéphanie veut-elle un enfant à tout prix ? Est-elle prête à se laisser dire qu’elle ne vaut rien tant qu’elle n’a pas donné la vie ? Entre souvenirs et petites choses de la vie de tous les jours, Sophie Adriansen dresse le tableau de Stéphanie, avec des mots très justes, qui m’ont fait comprendre la douleur que pouvait être une telle attente, renforcée par les mots des proches, pas toujours bien choisis.

L’autrice m’a un peu perdue dans le dernier quart de son roman, lorsque la vie de Stéphanie prend un virage. J’ai compris ce choix mais j’ai malheureusement basculé et n’ai pas réussi à me raccrocher à la fin. Cela ne m’empêchera pas de garder un bon souvenir de ma lecture et de le conseiller, peut-être pas à celles qui connaissent l’attente, mais en tout cas à leurs proches.

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