3 minutes contre les stéréotypes

La transidentité [le podcast version texte]

Déjà le dixième épisode du podcast « 3 minutes contre les stéréotypes de genre » !

Aujourd’hui : « La transidentité »  

Au bout de dix épisodes, je me suis dit qu’il était temps qu’on parle de ce qu’il y a à l’origine de la grande question des stéréotypes de genre. Jusqu’ici, on a vu qu’il n’y a pas de couleurs pour filles ou de couleurs pour garçons, pas plus qu’il n’y a de jouets pour filles ou pour garçons ou de vêtements, de chaussures, de coupes de cheveux, …

Je pense que si tu as écouté tous les épisodes de « 3 minutes contre les stéréotypes », tu as bien compris qu’on ne peut rien t’interdire sous prétexte que tu es une fille ou un garçon.


Mais en fait, qu’est-ce qui fait que tu es un garçon ou une fille ? 

Le jour de ta naissance, tu es sorti du ventre de ta maman et dans la salle de l’hôpital, en compagnie de tes parents il y avait des sages-femmes ou médecins et l’un ou l’une d’entre eux t’a examiné pour voir si tu avais l’air en bonne santé. Et à ce moment-là, pour la première fois, on a regardé ce que tu avais entre les jambes. Si c’est un pénis (tu sais, on l’a déjà dit, c’est le vrai mot pour zizi), on a noté sur les papiers que tu étais un garçon. Si c’est une vulve (tu sais, le vrai mot pour zezette), on a noté que tu es étais une fille. Et puis voilà c’était acté et depuis tu es un garçon ou une fille.

Si pour toi ça a toujours semblé ok, que tu es un garçon et que tu t’es toujours bien senti garçon ou que tu es une fille et que tu t’es toujours bien senti fille, on dit que tu es cisgenre. Un mot un peu compliqué quand on ne l’a encore jamais entendu mais en fait ça veut simplement dire que tu te sens bien dans ton genre. Moi, Laura, je suis une femme cisgenre. Ça veut dire que quand je suis née, on a noté que j’étais une fille car on a vu que j’avais une vulve et qu’en grandissant, je me suis toujours sentie fille.

Mais il y a des enfants, des adolescents, des adultes pour qui ça n’est pas aussi facile. Car ça peut arriver d’être né garçon mais de se sentir fille ou d’être née fille mais de se sentir garçon. On dit alors que ces personnes sont transgenres.
Être transgenre, c’est donc ça. Quand on en parle dans la vie de tous les jours on peut même dire « être trans » ou « une femme trans » ou « un homme trans ». Ou « une fille trans » ou « un garçon trans ».

Être trans, ça n’a rien à voir avec qui on aime. Ça n’a rien à voir avec le fait d’aimer les filles ou les garçons. Ça c’est la vie amoureuse et peut-être qu’on en reparlera un jour mais aujourd’hui on ne parle pas de qui on aime mais de qui on est.

Bon, je ne vais pas te le cacher parce que je sais que tu t’en doutes. Être trans, le dire à ses parents, ses frères et sœurs, ses copains, ses profs, … c’est pas facile. Déjà, il faut savoir qu’on n’est pas obligé de le dire. Ou on peut choisir de le dire à juste une ou deux personnes et pas aux autres. Notre identité, c’est super personnel. Donc on choisit à qui on le dit et quand on le dit.

Souvent, au bout d’un moment, les personnes trans ont envie de le dire parce qu’elles se sentent mieux si les autres le savent. Ça permet par exemple que les autres les appellent avec leur nouveau prénom. Ah oui parce que souvent les personnes trans ont envie d’avoir un prénom qui colle plus avec qui elles sont.

On va prendre un exemple avec un enfant que j’invente. A sa naissance, comme l’enfant avait une vulve, ses parents l’ont appelé Marie et c’est super Marie comme prénom, c’est très joli mais bon le souci c’est que pour tout le monde c’est un prénom de fille et Marie se sentait plutôt garçon. Alors Marie, au moment d’annoncer qu’en fait il est un garçon, il va annoncer que maintenant il aimerait qu’on l’appelle Lucas. Lucas, c’est un très beau prénom aussi et pour tout le monde c’est un prénom de garçon donc tout le monde comprendra bien qu’il est un garçon maintenant.

Le dire aux autres, c’est pas facile. Surtout parce qu’on peut avoir peur des moqueries ou des gens qui ne comprennent pas.
Dans les épisodes précédent, quand on a parlé des couleurs, des cheveux, des vêtements, on a aussi parlé de ceux qui ne comprennent pas et qui peuvent se moquer. Ceux qui disent que ohlala mais n’importe quoi un garçon ça peut pas porter une robe parce que on dirait une fille ! Ou hahaha une fille qui voudrait jouer au foot mais n’importe quoi elle va être nulle, c’est pour les garçons.

Bah les gens qui pensent comme ça, souvent ils pensent un peu comme ça aussi pour les personnes trans. Ils disent que c’est n’importe quoi, que c’est sans doute juste pour jouer ou pour de faux. Ils disent « il se prend pour une fille ! » si un garçon leur dit que maintenant il veut qu’on l’appelle par un prénom de fille. Sauf que non, il ne se prend pas pour une fille, il est une fille. Elle est une fille même. Il y a ceux qui ne comprennent pas bien, ceux qui ne veulent pas comprendre et puis ceux qui se moquent ou qui insultent les personnes transgenres. Ça s’appelle la transphobie et c’est interdit par la loi. Depuis quelques années, la Belgique fait beaucoup d’efforts pour condamner la transphobie et aussi pour aider les personnes transgenres à pouvoir faire leur transition plus simplement.
La transition, c’est le mot qu’on utilise pour dire qu’une personne trans fait son changement d’identité.

Depuis octobre 2020, on a même une vice-première ministre  transgenre en Belgique, elle s’appelle Petra De Sutter. C’est la première fois qu’on a une ministre trans et même si ça ne change rien du tout à son travail, c’est très important car cela montre à tout le monde dans notre pays et partout dans le monde que l’on peut être transgenre et faire n’importe quel métier.

« Trois minutes contre les stéréotypes » est un podcast de la bibliothèque provinciale Alfred Langlois à Charleroi. Il est conçu et présenté par Laura, bibliothécaire jeunesse.
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